Exploitation abusive des femmes domestiques à Labé : un constat alarmant

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A la quête d’une vie meilleure, nombreuses sont les femmes et filles qui quittent des villages pour des grandes villes. Mais, très souvent, celles-ci se retrouvent dos au mur dans des villes comme à Labé où elles sont souvent utilisées comme femmes de ménage. Des emplois instables où en plus d’être mal rémunérées, elles sont souvent reléguées au bas de l’échelle pour ne pas dire « exploitées ». En tout cas, c’est ce qu’a constaté sur place votre quotidien électronique Guineenews©.

Une enquête réalisée sur place par la rédaction locale de guineenews.org prouve bel et bien l’existence de ces pratiques ignobles à Labé. Pour vous édifier, certaines d’entre elles se sont prêtées à nos questions.

« Je suis à Labé depuis 2011. Avant je travaillais comme femme de ménage dans une famille. J’ai fait 3 ans dans cette famille. Dès mon 5éme mois, ils ont commencé à violer le contrat qui nous liait, c’est-à-dire de me payer 60 000 GNF (environ 9 USD) par mois. A partir du 6ème mois, c’est parfois 40, 30 voire même 20 000 GNF que je percevais. Finalement, lors des deux dernières années, ils ne me donnaient plus rien et pourtant, je m’acquittais correctement de mes taches quotidiennes. C’est ainsi que j’ai quitté vers janvier – février 2014 pour me lancer dans le commerce. Actuellement, je me débrouille bien », témoigne sous couvert d’anonymat une jeune femme vendeuse de condiments, rencontré au marché Yenguéma de Labé. 

Cette autre fille vient d’une sous-préfecture relevant de Labé. Elle est employée comme domestique dans un restaurant de la place. Elle partage sa déception. « De 9 heures à 23 heures parfois jusqu’à minuit, je travaille. Je suis obligée de travailler péniblement si je ne veux pas me faire virer. Je pensais me faire beaucoup d’argents en ville, mais je vois que ce n’est pas aisé », fustige-t-elle brièvement au micro de Guinéenews©. 

Interpellé par la rédaction locale de guineenews.org, le directeur régional de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance Mouminy Baldé déplore cette situation qu’il qualifie de malheureuse. « Le problème de domestiques est un problème fréquent dans nos sociétés. C’est-à-dire des femmes quittent leur village pour les villes à la recherche du quotidien. Mais, ce qui est dommage, c’est qu’une fois que des familles acceptent de recevoir ces femmes, elles refusent complètement de respecter leur droit. C’est-à-dire elles pensent que les femmes domestiques sont des personnes à exploiter, des femmes en tout cas qui n’ont pas de droit, qui ne peuvent réclamer rien, et qui ne sont pas rémunérées. Ces femmes sont utilisées toute la journée. La seule rémunération, c’est peut-être le repas qu’on leur donne à la fin de la journée. C’est vraiment malheureux », souligne le directeur régional de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance de Labé. 

Des mesures sont envisagées afin de mettre terme à ce fléau poursuit  Mouminy Baldé : « La première des mesures c’est d’essayer de sensibiliser la population en montrant les droits réservés aux femmes. Nous avons entrepris des sorties comme ce que  nous faisons pour les maternelles et pour les enfants en situation difficile. » 

Selon lui également, son service enclenchera bientôt des visites inopinées dans certains foyers : « Nous sortirons aussi bientôt pour visiter les bars qui utilisent assez de femmes domestiques, les familles qui utilisent également assez de femmes domestiques, pour voir un peu les conditions d’existence de ces femmes dans ces lieux-là. Lorsque les familles d’accueil comprendront que ces femmes qui sont des domestiques sont surveillées et ont des points de recours, certainement, elles vont améliorer les conditions de coexistence entre ces femmes domestiques et les familles », ajoute M. Baldé le directeur régional de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance de Labé. 

Mais en attendant, ces femmes de ménage continuent à tirer le diable par la queue dans la commune urbaine de Labé. 

Au moment où nous publions cette dépêche, nous n’avons pas été en mesure de joindre la ministre de l’Action sociale, de la l’enfance et de la promotion féminine, Sanaba Kaba pour connaître les mesures qu’elle envisage concrètement pour tacler cet autre fléau qui gangrène notre société.

Alaidhy Sow

Guineenews

 

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